Devinette !

Publié le par La Griotte

DSC 0031Vous n'alliez tout de même pas imaginer que j'allais, pendant un mois jusqu'à 2011, mépriser votre intelligence en vous infligeant des titres dignes d'un cerveau de puce électronique en cette désormais froide et célèbre journée du 28 janvier 1986 ? Pas aussi célèbre que celle du 26 avril 1986 certes, mais je vous parle d'un temps que les moins de 24 ans ne peuvent pas connaître...

(Vous trouverez tout ce que vous voulez savoir sur les deux catastrophes les plus emblématiques de la vanité humaine sous les nombreux liens que je dissémine dans chacune de mes chroniques).

 

Ma préférence va bien sûr à celle du 26 avril 1986 car on en profitera encore longtemps même si le 26 avril 1986 est à ce jour la seule date qui ne me fera jamais rire.

 

mamontagneJ'avais 25 ans, un jeune fils qui ne parlait pas encore. Je rentrais du travail, un de ces endroits bien protégés où les informations n'arrivent que le lendemain et ne sortent qu'au compte goutte.

Le printemps cognait aux fenêtres et aux veines, les vacances approchaient, les fraises aux étals des marchands affichaient un rouge insolent et parfumé.

J'ai monté quatre à quatre l'immense escalier avec la grâce d'une division de chars d'assaut russes, vaguement inquiète de ne pas entendre les pas maladroits de l'enfant content de retrouver sa maman... Il était avec ses grands parents, ses oncles et tantes, scotchés devant la télévision, alors que merde, combien de fois je vous ai dit que quand il fait beau dehors au mois d'avril, on va aux morilles ! "Quelle bande de limaces" m'apprêtais-je à éructer : Ben oui : vous laissez le petit chez son papi et sa mamie pour qu'il profite du bon air et au lieu de ça il regarde un programme hallucinogène avec une bande d'adultes hébétés, plus gris qu'un tricholome terreux...

On vous rassure tout de suite : personne ne s'est coincé les doigts dans la porte (merci, je m'en doute, on n'est pas sur le rocher ici et les ongles incarnés de Monsieur ou Madame Tout le monde n'intéressent personne alors que les peaux grasses de Monaco intéressent  tout le monde. Sinon, ça ne serait pas dans les journaux...)

 

DSC00606Je ne sais plus qui a lâché le morceau : "Y'a une centrale en Ukraine qui a explosé... mais c'est loin, ils disent qu'on risque rien et blable bla et bla bla bla..."

Tout à coup, l'un d'eux a dit  "Mais, pourquoi tu pleures ?"  "C'est pas ici..."

J'étais en larmes, inconsolable, furieuse, désespérée...

Pas parce que le fils qui ne parlait pas encore serait peut-être sur la liste des jeunes corps que les particules radioactives adorent chagriner, pas parce que pendant des années les champignons seraient tous suspects, pas parce que les Ukrainiens qui en avaient vu d'autres allaient mourir dans des conditions qu'aucun tortionnaire, si consciencieux fût il, était incapable de concevoir... Non, je savais juste que les nuages se foutent pas mal des frontières, que les fraises, les salades et le lait étaient contaminés, que l'humain est en fin de chaîne alimentaire, que la radioactivité se concentre un peu plus à chaque échelon et que bingo, on avait les mêmes (réacteurs) à la maison !

 

DSC00690Ensuite, j'ai positivé en pensant que cela nous servirait de leçon et que tous les pays allaient gentiment démonter leurs centrales nucléaires, construire des éoliennes, des pédalos, des fours solaires, apprendre à tricoter des gros pulls pour quand il fait trop froid, à éteindre les lumières quand la ville s'endort, à replanter les arbres qu'on coupe, à penser globalement et agir localement et que bientôt, dans 25 ans (c'est maintenant pour ceux qui sont encore là, merci !), quand les réacteurs auraient atteint la limite d'âge, on les mettrait gentiment à la retraite... En plus, je m'en foutais des fraises : je suis allergique, je dis ça pour tous ceux qui m'invitent encore à manger en été. Je suis allergique aux fraises, même si j'en ai plein dans mon jardin.

 

Je trouve que c'est beau, que ça sent bon et pendant que les limaces bouffent les fraises dont elles raffolent, mes salades sont à l'abri. Et les gamins aiment s'aventurer dans un jardin où l'on dispute les fraises aux limaces.

   

DSC 0214J'appartenais déjà à une catégorie allergique à toute intoxication de doux rêveurs râleurs passéistes irresponsables crasseux anarchisant suspectés de vouloir retourner à l'âge de la bougie en lisant des journaux alternatifs où l'on s'inquiétait déjà de la stérilité des rapaces liée aux pesticides...

 

Bon, je ne voudrais pas vous plomber les fêtes tout de suite, trêve de mauvais souvenirs.

 

Jouons un peu avant de déguster notre friandise littéraire.

 

 

Quelle différence y a t-il entre Julien A. Éric C. et Calixthe B. ?

 

octobre2010 096Aucune : ils emmerdent tous les pouvoirs, pensent et agissent autrement et sont, seront ou ont été victimes de campagne de désinformation ou de diffamation car pour l'instant, ce qu'il proposent et expliquent tombent tellement sous le sens, qu'on s'en veut de ne pas y avoir pensé à leur place !

 

Julien est en excellente position dans la course. " Pour preuve cette interview d'un ancien conseiller du Premier ministre canadien, Tom Flanagan, accordée mardi sur la CBC. Il y évoquait l'idée d'utiliser un drone pour se débarrasser du fondateur de WikiLeaks, et déclarait qu'il ne serait pas malheureux si Julian Assange disparaissait..."

 

Calixthe cumule les handicaps : femme, noire et écrivain, elle a déjà une campagne de dénigrement à son actif. Une raison de plus pour voter pour elle si elle se présente aux présidentielles ! Cela nous changera un peu des petits hommes blancs incultes.

 

Mention spéciale à Éric qui fait peur aux banques avec son idée de vider nos comptes le 7 décembre.

 

f comteJe suis nulle en économie, mais si les ministres et les banquiers montent au créneau, c'est que ça doit être une sacrée bonne idée ! Pour une fois que c'est eux qui ont peur ! Je parie que chaque fois que quelqu'un voudra retirer son fric, on lui dira que l'ordinateur est en panne, qu'il y a trop de monde qui veut le faire alors qu'on est surbooké repassez demain, que "pisquecestcommeça", vous perdez tous vos intérêts...

Parce que le problème, c'est qu'il n'y a pas d'argent dans les banques. Il y a du vent, du papier, des ordres et des contre ordres, des produits financiers, des lignes d'écriture. Mais des vraies espèces sonnantes et trébuchantes, il n'y en a pas ! Le fruit de notre travail, l'aumône de notre chômage, le sang de nos quatre veines de nos économies ? Que dalle ! Du vent, de la poudre aux yeux ! La dope de ceux qui jouent et jouissent sur le dos des pauvres types comme vous et moi qui croient qu'ils ont un peu d'argent pour acheter des babioles à Noël ou se payer une retraite pas trop moisie... je m'en fous, j'ai dépensé ce qui me restait en rosiers, bouquins et en pulls et salopettes de jardiniers !

Et si vous repartez avec votre magot, n'ayez pas peur des brigands, des voleurs, des malandrins, des cambrioleurs et autres détrousseurs : filez la pièce au mendiant, claquez votre pognon pendant que vous êtes encore en vie, achetez des aiguilles à tricoter de la laine.

 

L'hiver sera rude, c'est écrit dans les journaux. Il y a des pics de consommation, les centrales vont carburer à plein régime et si ma mémoire est bonne, un bon nombre d'entre elles auraient déjà dû être démantelées...

 

Un petit chocolat pour se remettre ? 

 

DSC00687"Il ne faut pas croire qu'un très grand arbre, du fait de son enracinement gigantesque, de sa solidité, de sa complexité, de son âge vénérable, soit à l'abri d'une destruction quasiment immédiate... Aucun arbre n'y échappe : n'importe quel simple d'esprit, armé d'une tronçonneuse, abat en un quart d'heure un Meranti haut comme les tours de Notre Dame ou un Alerce vieux de vingt-cinq siècles ; le tout au bénéfice d'un affairiste sans scrupules* assis dans son bureau à l'autre bout du monde, et qui n'a aucune idée de ce qu'est un arbre."

 

Message personnel à Francis Hallé, auteur de ce magnifique ouvrage, Plaidoyer pour l'arbre... (Quand vous l'aurez lu, vous accrocherez les boules aux oreilles d'un affairiste sans scrupules et laisserez les sapins et autres résineux étendre leur ombre en altitude).

Un affairiste est toujours sans scrupules ! Sinon, ce n'est pas un affairiste !

 

 

 

Dédicace spéciale au docteur Wo qui aime les arbres pour autre chose que leurs qualités mécaniques... Je dis ça parce que j'ai eu du mal à trouver une image de Méranti encore vivant !

 

 

Publié dans Temps

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