Insomnie

Publié le par La Griotte

mobile2Il suffit que je décide de vieillir avec le kit pour attraper une insomnie ! À moins que ce ne soit le minuscule café bu tout à l'heure alors que je sais que je ne dois pas boire de café, ça m'énerve. Pas autant que Nic et sa clique, mais quand même, ça m'empêche de dormir.

Nic dont on n'entend plus parler, ça m'inquiète au plus au point. C'est comme certains gosses plutôt nuisibles : c'est quand on ne les entend plus qu'ils deviennent véritablement dangereux...

Même s'ils ne sont pas nuisibles d'ailleurs. Un enfant imaginatif qui disparaît tout à coup représente un danger qu'il convient d'éradiquer préventivement en mettant à sa disposition la "TV sur roulettes", la console sans les mains, des revues pornos s'il faut, quelques drogues plus ou moins légales, les études et l'ambition, la peur de grossir... n'importe quoi pourvu que leur cerveau disponible le soit le moins possible.

 

Exemple :

 

hiver 025Un de mes fils avait disparu alors que nous étions en visite de Noël chez sa grand mère maternelle. La nuit était noire et froide mais cela n'avait aucune importance puisque malgré son jeune âge, il savait qu'en hiver il fait froid et que la nuit on ne voit rien, surtout dans les petits villages...

 

Nous l'avons retrouvé sous une table juponnée. Pour ceux que la décoration intérieure ne stimule pas particulièrement, une table juponnée est comme une tente en moins pratique puisqu'on ne peut ni s'y assoir à cause de la nappe qui descend jusqu'en bas, ni y dormir puisqu'il y a les chambres avec des lits pour ça. On pourrait éventuellement sortir la table et la planter dans le jardin pour jouer aux indiens mais alors on ne saurait plus où ranger les ramasse poussière (pourvu que maman continue à ne pas lire mes chroniques !) qui rendent la table définitivement inutilisable.

Sauf si l'on a 2 ou 3 ans et l'intention de découvrir le monde. Il craquait des allumettes sous la table pour, nous expliqua-t-il par la suite, voir la lumière dans le noir !

 

hiver 024J'ai épuisé les trucs à faire : regarder un film divertissant (Iron Man 2), terminer une biographie (Life), écumer la blogosphère, nier l'amoncellement de vaisselle dans l'évier, scotcher le chat au creux de l'oreille pour me caler sur son rythme, rien à faire, je suis réveillée comme avant une longue randonnée.

C'est ça qui me manque : les marches en vrai, dans la nature déchaînée, la terre à retourner. Un peu de mouvement au grand air sachant qu' il est hors de question que je me mette au sport, ça fait du mal à mon corps. On commence par courir pour aller nulle part et on finit déguisé en cosmonaute avec des capteurs partout, des écouteurs sur les oreilles à respirer les gaz d'échappement au moment où la circulation est la plus dense, sinon ça ne sert à rien d'investir dans la tenue du coureur de pointe...

 

J'aime quand la nature se rappelle à notre bon souvenir. D'abord parce que ça me rappelle mes aïeux, ensuite parce que ça déstabilise plus particulièrement ceux qui imaginent, comme dans Iron Man, que la technologie peut tout résoudre. Cela conduit parfois à des anecdotes dont la postérité devrait garder mémoire : Qui sait exactement combien les Américains avaient investi dans un super stylo bille à air comprimé avec retour de flamme et cartouches de rechange pour écrire en apesanteur ? Les russes avaient emporté un crayon de papier. C'est pourquoi je préfère retenir mes cheveux avec un crayon de papier plutôt qu'un stylo bille. C'est mieux pour écrire à la verticale.

 

hiver 027Iron Man, malgré un titre de navet, reste plein d'humour. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Le seul truc qui m'ennuie avec ce film, c'est qu'il peut aussi être pris au premier degré. J'aurais dû m'endormir sur mes deux oreilles câlinées par un morceau d'ACDC puisque le robot rouge et son copain le robot brillant avaient sauvé le monde quand l'idée saugrenue d'aller lire le nouvel article de Pangloss m'a saisie. Je me suis ruiné le moral : les héros n'habitent que dans les films !

 

J'ai tenté d'oublier en insérant mes cadeaux de Noël dans la bibliothèque mais il est un moment où les mathématiques tranchent : quelle que soit la façon d'empiler les livres, le volume global reste largement supérieur au volume utile de ma bibliothèque et des diverses surfaces recyclées à cet effet. Il va falloir choisir. Pas comme dans "Les combustibles" (la température a atteint 17 degrés parfaitement supportables avec quelques épaisseurs de lainages). Ranger ceux qui ont été lus dans des cartons ? Laisser les autres à disposition...

 

mobileOui mais je les aime tous. Même ceux que j'ai oubliés. Je fais comment si un ami vient et que je veux lui prêter le livre qui est dans le carton en attendant une plus grande bibliothèque ?

 

J'en suis là à bientôt 3 heures du mat et ce n'est pas aujourd'hui que je vais trouver la solution. Il va falloir faire des choix, je le sens. D'ailleurs, je voulais profiter du blog pour demander aux personnes qui détiennent encore des livres que je leur ai prêtés de me les rendre. Surtout pas ! Gardez-les, même si c'est par négligence ou malveillance que ne les avez pas rendus : je vous les donne !

 

 

 

Dédicace spéciale à tous ceux qui prêtent des livres ou ne les rendent pas : " Un ami est quelqu'un qui vous aime quand il ne vous aime plus. "

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Pangloss 29/12/2010 21:15



Les livres qu'on a lus sont envahissants. Mais je n'ose pas prêter les livres que je n'ai pas aimés. Il ne me reste que ceux que je n'ai pas envie de relire.



La Griotte 30/12/2010 08:49



J'ai décidé de donner en priorité ceux que j'aimais le plus (hormis les cadeaux, les livres de botanique et les recueils de contes, que j'utilise) et d'inciter ceux qui les reçoivent à donner une
vie à ces livres en les léguant à leur tour. Un livre n'existe que lorsqu'il est lu et plus il est lu, plus il se multiplie car il y a autant de livres que de lectures.



Nounedeb 29/12/2010 20:23



Salut Griotte. Ce n'est pas l'insomnie, mais une demi-paralysie maxillaire, suite d'une scéance chez le dentiste, qui m'oblige à repousser l'heure du repas jusqu'à récupération de mes papilles,
qui m'a amenée à lire ce texte, dont j'espère avoir goûté toute la saveur, mes neurones n'étant pas trop anesthésiés. Et bien je me suis régalée, d'autant plus que l'esthétique du blog me plait
beaucoup. Tchin tchin!



La Griotte 30/12/2010 08:40



Pour avoir longtemps redouté d'offrir ma bouche aux ustensiles d'un dentiste, je compatis et suis séduite par l'idée que naviguer en blogosphère aide à passser les moments désagrables ! Merci
pour cet encouragement à continuer !



jmigrattepapier 29/12/2010 19:22



Effectivement, lorsque l'on ne parle plus de nique, c'est mauvais signe...


 



La Griotte 30/12/2010 08:45



Ben, c'est qu'il remonte dans les sondages pendant qu'on ne l'entend pas.


Phase 1 : je fais le sale boulot en laissant "pisser le mérinos" quitte à dégringoler dans les sondages.


Phase 2 : je me fais oublier et je remonte dans les sondages


Phase 3 : le retour en 2012. Comme les sondés ont une mémoire de poisson rouge...



Les chemins d'Anne Le Sonneur 29/12/2010 18:44



J'aim aussi quand la nature se dit et nous rappelle à notre juste hauteur, simplement humaine. Pour ce qui est des tables, des lits, des placards, il n'est pas de plus bel endroit pour s'ouvrir
au monde. Quant aux livres, s'ils pouvaient de main en main (jusqu'au plus vilain ?) ce serait une façon de leur rendre ces voyages qu'ils nous offrent.


Bonne soirée (sans trop de café)


Anne



La Griotte 30/12/2010 08:37



Merci pour l'idée : je crois que je viens de résoudre le problème de la place des livres !



Dr WO 29/12/2010 14:53



La dédicace m'a rendu perplexe.


Dr WO



La Griotte 29/12/2010 15:25



Manque de sommeil :...qui prêtent les livres ou ne les rendent pas, souvent mes amis. "un ami est quelqu'un qui vous aime quand il ne vous aime plus", dit un personnage du fameux livre de
Théodore Sturgeon, "Les plus qu"humains".


Pour info, demain est consacré aux amis avec lesquels nous fêtons la nouvelle année !


merci !