Je voyage

Publié le par La Griotte

Le chocolat du jour

 

couchers soleil 033"  L'auto !

Ce fut probablement la plus importante invention du début du siècle, qui allait bouleverser les notions archaïques du temps et de l'espace, les rapports entre les hommes et changer, en les rapetissant, les dimensions de la terre. Le mot vitesse qui en dérivait, auquel on adjoignit celui de griserie, définissait une drogue souverainement puissante sur les nerfs et les moeurs, et cette drogue, absorbée avec délices prenait force de loi, à laquelle tout allait se soumettre, qui imprimait à l'univers ses rythmes et ses cadences. Chacun fut tiré de son trou comme par miracle, aspiré d'un passé stagnant où il ne se passait rien, où la vie n'était qu'habitudes dans un décor invariable...

 

 

 OUVERT 

Vantard et bricoleur, grand discuteur de cabaret, Eugène Fadet s'intitulait mécanicien. Mais son commerce de cycle périclitait tant en raison de la topographie accidentée de la région, qu'en raison de l'obstination des clochemerliens à conserver leurs vieilles bécanes rouillées, des engins de dix-huit à vingt kilos dont ils vantaient la désespérante solidité. Fadet se consolait de la mévente en fréquentant beaucoup le "Café de l'Alouette", où il était le commentateur écouté des grands exploits sportifs. Cela encore ne lui mettait pas d'argent dans la poche. Mais l'ambition veillait à son foyer, en la personne de Léontine Fadet, femme lucide et froide que désespérait le vide du tiroir-caisse. Partant du principe qu'un homme s'utilise de bien des façons, elle orienta son mari sur une activité plus rémunératrice.

 

En 1926, ayant conclu un accord avec un agent de Mâcon, Eugène Fadet devint garagiste et vendeur de citroëns. Il reparut au bourg au volant d'une voiture qui fit sensation. Tout allait partir de cette voiture, dans laquelle chacun voulut monter et qui se trouvait précisément là pour qu'on y montât."

 

 

À l'usage de ceux qui, comme moi, n'ont  jamais rien compris à l'économie ni à la finance, le B.A. Ba de l'offre et la demande... (Clochemerle Babylone, 1954, Gabriel Chevalier)

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