Une autre Griotte sur le Web !

Publié le par La Griotte

Heureusement, elle est blonde. Et bardée de compétences qu'elle met au service de ceux qui peuvent se les payer, peut écrire votre vie comme un roman, a travaillé dans le vrai journalisme, a une vraie agence à Nice... Son site n'est pas mal. Vous tapez agencelagriotte et hop, google vous emporte à Nice.

 

TOUT

 

 

 

 

Aucun risque de nous confondre.

D'abord, je suis brune.

J'avoue : j'ai essayé d'être blonde.

Une fois.

Je n'ai plus jamais touché une teinture de ma vie.

Même aujourd'hui que quelques cheveux blancs s'invitent à mes tempes et ailleurs, mais ceux là, je m'en fous, je ne les vois pas.

 

cancreEnsuite, je n'ai aucune compétence particulière.

J'ai un métier que je défends bec et ongles envers et contre toute la pression libérale pour saucissonner nos métiers en compétences interchangeables, mais je ne vais pas me lancer là dessus, regardez plutôt cette excellente conférence gesticulée de la Scop le Pavé, sur le management.

 

(Voici le lien en clair : http://www.youtube.com/watch?v=F0pTUKs21cA)

 

 

 

Mon métier, c'est instit.

Je sais, on ne dit plus instit, on dit professeur des écoles.

D'où l'intérêt de bien regarder la conférence ci-dessus. Instit, c'est un métier qui s'apprend, qui se vit, qui se défend, qui se transmet, qui a une histoire et ses derniers représentants qui espèrent ne pas subir l'instinction du corps.

 

Institutrice,  c'est bien plus qu'un métier, c'est une espèce en voie de disparition. Le jour où la dernière sera à la retraite, on oublira le mot, on oubliera le métier, on oubliera que l'éducation est avant tout un réseau de relations entre des humains...

 

 

Alors, quand on me demande, je dis exprès que je suis institutrice.

Parce que dans institutrice, il y a institution. Et j'aime l'idée de travailler pour une institution aussi noble que celle qui, contre vents et marées, continue de proposer un service public, gratuit et laïc.

Même quand l'institution décide de nous "revaloriser" et de nous promouvoir "professeurs des écoles". Quand je pense qu'il y a des pauvres gosses, déjà parents qui sait, qui n'ont connu que ça...

 

Même quand l'institution, par un glissement sémantique des plus pervers, devient un système.

Une institution se respecte, se doit d'être respectable mais il est de bon ton de cracher à la gueule d'un système ou d'en être la victime.

Qui, de nos jours, a envie de clamer haut et fort qu'il participe au système éducatif, judiciaire, hospitalier, capitaliste ?

 


 

BOUCHE

Un petit tour sur TV Bruit.org pour comprendre comment le capitalisme nous prive de mots pour le dire...

 

 

J'ai mis longtemps à comprendre que j'aimais l'idée d'apprendre à lire, à écrire et à compter à des mômes qui, sans institution publique, n'auraient pas de quoi se payer le premier cours de B.A. BA.

 

Ben oui, l'éducation est un marché. Un ENORME marché. Il y a plein d'endroits où les parents s'endettent pour offrir une éducation de qualité à leurs enfants, pour qu'ils s'élèvent dans l'échelle sociale. Personne mieux que Frank Lepage n'explique cela...

 

 

 


 

 

Alors même quand le métier devient quelque chose d'usant au point que 24% des agents de l'Education nationale sont en état de tension au travail et 14% en situation de burn out (contre 5 à 10% des actifs et jusqu'à 40% dans certaines professions du soin ou de l'aide à l'autre), je suis fière d'avoir un métier qui m'inscrit dans le réseau de transmissions des savoirs.

 

Oui, savoirs. Pas compétences.

 

Une compétence, c'est un truc qui s'exprime dans un contexte, que l'on met au service d'une cause, d'une entreprise, d'un projet. C'est assez fugace, une compétence. Si la mode le contexte change, tu gicles où tu te dépêches d'acquérir la compétence, qui consiste souvent à oublier celle d'avant.

 

Un savoir s'inscrit dans une histoire, un réseau de relations. Il est transmissible. S'il est bien nourri, il s'améliore et profite à l'ensemble de la société. Une compétence ne profite qu'à celui qui en a besoin (pour la vendre ou l'acheter).

 

J'ai donc un métier qui consiste à savoir tout apprendre, de la maternelle au CM2, parfois plus, à des enfants de toutes les origines, en dépit de toutes les modifications, décrets, réformes, évolutions possibles et imaginables. C'est comme ça que je suis aussi devenue conteuse : pour continuer, coûte que coûte, à transmettre ces savoirs de base. Mais c'est une autre histoire...

 

Et en 2000, je suis devenue conceptrice réalisatrice multimédia. Juste pour comprendre comment adapter ma pédagogie aux supports qui voyaient le jour. Juste pour partager mes lectures, mes trouvailles, mes liens.

Juste parce que je pense qu'Internet est un outil formidable pour apprendre, partager, construire...

 

Alors oui, il y a une autre Griotte sur le Web... J'aimerais bien savoir pourquoi elle a choisi ce pseudonyme, cet avatar... C'est toute une histoire le choix d'un nom de plume...

 

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Val Printemps 12/02/2015 16:46


Wooohoo ! La griotte ! J'ai cliqué sur le lien de mon ancien blog, en pensant comme toujours trouver page noire et là, stupéfaction  La griotte est de retour ! Moi aussi d'ailleurs après quelques années d'absences...


Bien le bonjour et contente de voir que tu es en vie, parce-que bien souvent, on se fait une idée noire de l'absence de ceux dont on a qu'un lien virtuel et donc pas d'autres moyens de prendre
des nouvelles !


Bon, ben voilà, ça me mets plus encore le sourire parce-que ça me fait un petit coup de nostalgie même si c'était dans des moments très difficiles